EXTENSION TRIBUNAL CANTONAL

tribunal cantonal de l’hermitage – 6ème prix

Vénéré au Moyen-Âge, l’orme était planté sur le parvis des églises. Cet arbre représentait un point de rencontre, un lieu de duels et un emplacement où sous son ombre, les juges rendaient justice. C’est pourquoi, en hommage, un orme, appelé Olmo, prend place au pied de l’extension.

Au cœur du parc de l’Hermitage à Lausanne, le Tribunal Cantonal s’articule entre le bois de Sauvabelin et la cité historique. Le bâtiment existant présente un caractère strict de par ses diverses géométries et matérialités, qui suggèrent les parties ouvertes au public et les parties réservées au personnel. Afin de respecter l’architecture des lieux, définie par la position prédominante du bâti existant et le contexte paysager d’exception, la proposition s’ancre sur le site dans un second plan.

Le projet d’extension cherche avant tout à mettre en valeur ce contexte unique, entre nature et urbain. Depuis l’entrée principale du Tribunal existant, le nouveau bâtiment renvoie une image en accord avec le programme qu’il renferme. En retrait, son volume se caractérise par une géométrie claire et simple, telle une barre nichée dans le terrain existant.

En effet , l’aile nord de la nouvelle construction vient s’enchâsser dans la topographie à fort dénivelé du parc. Cette typologie s’insère de manière réfléchie dans son écrin naturel et assure, par conséquent, un projet compact, rationnel et fonctionnel, qui se détache visuellement de l’existant.

Tout en affirmant leur individualité et à la fois leur complémentarité, la volonté est de créer un ensemble cohérent entre le Palais de Justice et son extension, par le biais de connexions claires et raisonnées, qui permettent de garantir un fonctionnement efficace, une continuité des flux et assurer une synergie globale. Ainsi, deux connexions relient l’existant à l’extension, stratégiquement disposées dans le prolongement des niveaux +1 et +4, les seuls étages existants continus.

En son sein, les bureaux sont répartis par étages et secteurs, selon une logique programmatique claire. Tout d’abord, le SG-OJV, relocalisé entièrement dans l’extension, se superpose par départements. Les surfaces libérées par le SG-OJV dans le bâtiment existant, sont redistribuées au profit de la CASSO et de la CDAP. La partie supérieure de l’extension accueille le reste du programme de la CASSO et de la CDAP sur les deux derniers niveaux et établit une synergie avec l’existant, en rassemblant les bureaux des juges et des greffiers sur les mêmes étages, afin de garantir une cohésion de travail optimale.

Enfin, chaque étage profite de la particularité de la configuration semi-enterrée du bâtiment en logeant les locaux techniques et secondaires contre le terrain et répondre ainsi de manière habile au programme, en offrant aux bureaux et espaces communs le privilège de bénéficier des larges surfaces vitrées et des vues dégagées sur le Léman et la végétation du parc environnant. De par son implantation, l’extension prend comme point de repère la géométrie du bâtiment existant sans s’imposer sur le site. En revanche, le langage architectural de ce dernier diffère de l’actuel par la divergence de son expression de façade, définie par sa composition et sa matérialité.

En effet, la proposition vitrée est revêtue d’une enveloppe en métal perforé et miroité, qui assure la fonction de brise-soleil. Cette matérialité permet d’aboutir à un volume pur, qui reflète la paysage qui l’entoure, pour s’y fondre au mieux. En conséquence, cette composition confère une privacité et un sentiment de sécurité au sein des locaux, tout en profitant d’une ouverture généreuse sur le cadre exceptionnel du site, ainsi que des avantages liées à la vue dégagée, la luminosité ou encore la ventilation naturelle.

Une perception hermétique qui se transforme, de manière dynamique, lorsque l’intérieur est occupé. De cette façon, le bâtiment vibre et offre une flexibilité, afin de répondre au mieux aux besoins et s’adapter aux usagers. Sans entraver les percées visuelles sur le Lac Léman et les Alpes qui l’entourent, l’extension se déploie sur cinq niveaux partiellement hors sol et surmontée d’une généreuse esplanade contemplative et végétalisée. Née du geste d’enchâsser la construction dans le terrain, elle s’insère donc de manière subtile et réfléchie dans le site.

De manière naturelle, l’esplanade se déploie au travers d’une végétation luxuriante, où une intervention artistique rythme et accompagne la progression des promeneurs, tout en offrant un nouvel espace privilégié qui  invite à la méditation, ouvert sur le paysage.